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CHICOUTIMI - Les Troubadours de «L'Âge des ténèbres» de Denys Arcand donnent de l'éclat à notre présent. Le second album de Skarazula suscite une curieuse euphorie. Dans ma tête, les pieds dansent, le corps fait des pirouettes et le temps s'évapore dans les sons joyeux d'instruments médiévaux flirtant sans retenue avec les instruments d'Afrique et d'Orient. La Rose des vents est confondue par le solstice de «Leitha».
J'avais déjà succombé au charme «Ostara», leur premier album célébrant l'équinoxe du printemps, consacrant les sept ans de ce trio fondé en 1999. «Litha» suscitait à la fois curiosité et crainte. Avaient-ils tenu cette belle promesse d'«Ostara»? Avaient- ils égaré leurs notes dans les Molières de la récurrence? Charmée en 2006, la conquête est totale en 2007 alors que «Litha» réchauffe tant l'hiver qu'il pleut en décembre... des larmes de joie, peut-on se dire à l'écoute de ce «clin d'oeil aux fêtes païennes qui ont ponctué la vie de nos ancêtres.»
D'une pièce à l'autre, Skarazula crée un esprit enclin à la fête, certes, mais très sérieux dans un jeu musical que le trio maîtrise. Chaque instrument s'affirme, existe, s'épanouit. On éprouve le sentiment de se trouver en plein dialogue amoureux, joyeux, parfois exubérant, quelquefois nostalgique, jamais ennuyant. Et les voix sont très belles.
Skarazula n'interprète pas. Il crée. Il extirpe des sonorités anciennes, s'inspire de musiques d'hier, mélange les cultures pour recréer la sienne.
L'album inclut quatre compositions originales du trio. «Kürdi azeri» puisant dans la musique turque de l'Azerbaïdjan est jouée sur l'oud, le kaval, le daf et le dumbek. «Les deux autres pièces originales sont jouées à la vièle à archet: il s'agit de "Tarantella", un morceau inspiré de la musique italienne, et de "Dans ar kêriadenn", une danse bretonne composée par un Québécois aux ancêtres normands! "Mauresque", précédée d'un "Taqsim", est quant à elle d'inspiration arabe. Les neuf pièces anciennes qu'on retrouve sur Litha' vont des danses italiennes du XIVe siècle aux chansons bretonnes du IXe siècle, en passant par les "Cantigas de Santa Maria"', d'origine espagnole», explique Serge Grenier, porte parole du groupe.
À découvrir pour qui n'a pas connu Ostara. À explorer pour qui aime que le passé se conjugue au présent. À savourer, une fois de plus, pour qui s'abandonne au son de Skarazula
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