
KARINE TREMBLAY
karine.tremblay@latribune.qc.ca
SHERBROOKE — Sur le site de la Fête
du lac des Nations, vous pourrez difficilement
les manquer. Quand on rencontre trois troubadours
habillés à la mode moyenâgeuse
et trimballant mandore, flûtes et
vièles faites main, forcément,
on les remarque. Et on accroche aux airs
anciens teintés de musique arabe
et indienne qu'ils bourlinguent.
Depuis déjà sept ans,
les trois musiciens de Skarazula dépoussièrent
chansons anciennes et rythmes d'hier, en
plus de concevoir leurs instruments d'époque
et de composer leurs propres pièces.
« Mais nous ne sommes pas des
puristes de la musique médiévale.
On crée de la musique à la
mode de l'époque, mais on amène
ça ailleurs. Nos influences sont
multiples, alors forcément, ça
se reflète dans nos compos »,
précise l'un des membres fondateurs
du trio, le percussionniste Steve Grenier.
Skarazu quoi?
«Skarazula.
Ça signifie roseau. C'est le
titre d'une chanson du 16e siècle
qu'on reprenait. Elle s'appelait Skarazula
Marazula, en fait, ce qui signifie
roseau et fenouil, deux plantes utilisées,
au moyen-âge, pour chasser les
mauvais esprits. On a gardé
uniquement le premier mot. Skarazula.
On trouvait que ça sonnait
magique et arabe. Ça nous plaisait
bien, ça collait à ce
qu'on fait», souligne Steve
Grenier |
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En 2004, ce dernier et ses deux acolytes,
François Rainville et François
Perron, lançaient d'ailleurs un premier
disque, Ostara, composé de nombreuses
créations et de quelques reprises.
Enregistré à la Pierre angulaire,
ledit cédé a déjà
trouvé 3500 preneurs. Pas mal pour
une galette autoproduite qui n'a, à
vrai dire, jamais été l'objet
d'un lancement à grand déploiement
et reçu la visibilité qui
va avec.
«On est content, d'autant que plusieurs
portes s'ouvrent devant nous. On a été
élu coup de coeur du jury lors des
dernières vitrines du RADAR (Réseau
atlantique de diffusion des arts de la scène)
et
notre show pour le jeune public a été
choisi pour figurer dans la programmation
des Jeunesses musicales du Canada. Celles-ci
nous ont d'ailleurs commandé deux
spectacles en anglais, en plus de ceux en
français », exprime Steve Grenier.
Skarazula dans le
prochain film de Denys Arcand
Si tout va comme prévu,
et si Denys Arcand règle
l'épineuse question du financement
de son prochain long-métrage,
Skarazula pourrait bien être
de la distribution de L'Âge
des ténèbres.
«C'est un ami qui nous a référé
au cinéaste. Il cherchait
des troubadours pour jouer dans
son film. On a déjà
en main les dates de tournage, en
septembre, pour deux scènes
dans lesquelles on devrait apparaître»,
avance Steve Grenier, qui ignore
encore si la musique du groupe figurera
sur la trame sonore.
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Au parc Jacques-Cartier,
les trois compères ne monteront pas
sur scène, mais ils se baladeront
et animeront la foule à la manière
des ménestrels d'antan.
«Notre musique est festive et rythmée,
elle se prête bien à ce genre
d'événements», indique
Steve Grenier.
Des musiciens luthiers
D'abord, il y a l'inusité.
C'est rare, quand même, de croiser
une mandore, un cistre, un psaltérion,
une vièle à archet et
une trompette marine, entre autres
instruments anciens. Mais ce qui étonne
encore plus, c'est d'apprendre que
ces oeuvres d'art musicales ont été
conçues par les musiciens qui
les manipulent. Car le groupe Skarazula
ne se contente pas de jouer de la
musique médiévale, il
fabrique aussi les instruments d'époque
desquels il tire ses mélodies.
À voir et entendre dès
aujourd'hui et jusqu'à samedi
au parc Jacques-Cartier. |
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